Question simple, réponse inconfortable. Vous cherchez combien il faut gagner pour le visa nomade numérique, vous trouvez deux chiffres différents sur des sites qui paraissent également sérieux, et aucun n'explique pourquoi il diverge de l'autre.
Ce n'est pas que l'un soit faux. C'est que la même condition — 200 % du salaire minimum interprofessionnel (SMI) — peut se calculer sur deux bases, et la loi ne dit pas laquelle. L'écart est de 407 € par mois, ce qui n'est pas exactement un arrondi.
D'où viennent les deux chiffres
Le SMI 2026 est fixé par le décret royal 126/2026 du 18 février à 1 221 € par mois. Ce « par mois » s'accompagne d'une mention en petits caractères : le SMI est fixé en quatorze mensualités. Sur l'année, cela fait 1 221 × 14 = 17 094 €.
Alors, de quel « salaire minimum mensuel » faut-il prendre 200 % ?
- Si vous prenez le montant tel que le décret le publie, 1 221 €, 200 % donnent 2 442 € par mois.
- Si vous prenez le total annuel réparti sur douze mensualités — 17 094 / 12 = 1 424,50 € —, 200 % donnent 2 849 € par mois.
Les deux opérations sont correctes. Les deux partent du même décret. Et les deux sont utilisées : la fiche du Consulat général d'Espagne à Washington publie 2 442 € pour le demandeur principal, tandis qu'une bonne partie des cabinets spécialisés travaille avec 2 849 €.
L'essentiel en un coup d'œil
| Base 14 mensualités | Base 12 mensualités | |
|---|---|---|
| SMI mensuel 2026 | 1 221 € | 1 424,50 € |
| Demandeur principal (200 %) | 2 442 € | 2 849 € |
| Premier membre de la famille (+75 %) | 916 € | 1 068 € |
| Chaque membre supplémentaire (+25 %) | 306 € | 356 € |
| Demandeur + conjoint | 3 358 € | 3 917 € |
| Demandeur + conjoint + un enfant | 3 664 € | 4 273 € |
| Qui l'utilise | Fiches consulaires | Pratique administrative et cabinets |
Que faire de cela
La réponse prudente tient en une ligne : si vous pouvez justifier le montant le plus élevé, justifiez-le. Celui qui atteint 2 849 € satisfait aux deux lectures et n'a jamais cette conversation. Celui qui se situe entre les deux — disons 2 600 € — se trouve dans une zone où le résultat dépend de qui lit le dossier, et c'est une position inconfortable après des mois à préparer un déménagement.
Si vos revenus se situent dans cette zone, deux gestes s'imposent avant de déposer :
Interroger votre consulat par écrit. Les fiches d'exteriores.gob.es varient d'un consulat à l'autre et ne traitent pas toujours ce point précis. Un courriel demandant quel montant exact est appliqué pour l'exercice en cours lève le doute. Conservez la réponse.
Justifier largement et par plusieurs sources. La condition est de justifier des moyens, et personne n'a dit qu'ils devaient provenir d'un seul bulletin de salaire. Contrat, attestation d'employeur, bulletins, déclarations fiscales et relevés bancaires comptent ensemble. Un dossier qui démontre 3 100 € par trois documents cohérents se lit bien mieux qu'un autre qui démontre 2 900 € sur une feuille isolée.
La famille relève la barre, elle ne la double pas
Malentendu fréquent : faire venir sa famille ne multiplie pas la condition. Elle l'augmente par paliers. Aux 200 % du demandeur principal s'ajoutent 75 % pour le premier membre et 25 % pour chaque membre supplémentaire.
En euros, selon la lecture haute : seul, 2 849 €. Avec votre conjoint, 3 917 €. Avec conjoint et un enfant, 4 273 €. Chaque enfant suivant ajoute environ 356 €.
Il vaut la peine de faire le calcul avant de décider qui part dans la première demande. Non pour écarter quelqu'un, mais parce que c'est une décision qui a aussi un coût documentaire : chaque membre ajoute son propre acte de naissance ou de mariage, avec son apostille et sa traduction assermentée.
Ce qui se traduit, et ce qui ne se traduit pas
Toute la documentation en langue étrangère se dépose traduite en espagnol, et dans un dossier de visa cela signifie une traduction assermentée par un traducteur habilité par le MAEC.
Cela dit, « toute » admet des nuances importantes selon le document :
- Le contrat de travail et l'attestation d'employeur se traduisent intégralement. Ce sont le cœur de la justification et ils sont généralement brefs.
- Les bulletins de salaire se traduisent ; s'ils sont nombreux, mieux vaut demander au consulat combien de mois il veut réellement avant d'en traduire une année entière.
- Les relevés bancaires sont le cas délicat, car c'est là que le dossier enfle. Le critère varie beaucoup d'un consulat à l'autre — certains demandent trois mois, d'autres exigent douze avec toutes les pages —, donc lire la fiche avant de commander quoi que ce soit se traduit directement en euros.
- L'attestation bancaire, quand votre consulat l'accepte, condense en une page ce que les relevés racontent en soixante.
Une dernière remarque de calendrier, et c'est le conseil le plus utile de cet article : traduisez à la fin. Réunissez d'abord tous les documents définitifs, vérifiez sur la fiche consulaire qu'aucun n'est superflu, puis envoyez l'ensemble en traduction d'un seul coup. Traduire au fil de l'eau, document par document, est le moyen le plus sûr de payer deux fois le même dossier.
Les montants cités correspondent au SMI fixé par le décret royal 126/2026 et changent chaque année. Ce guide reflète la pratique à la date de publication ; la fiche de votre consulat prime sur tout résumé. Une fois vos documents arrêtés, vous pouvez consulter le prix de leur traduction assermentée avant de la commander.